Écrire Résilience n’a jamais été un projet prévu dans ma vie. Ce n’est pas un livre qu’on imagine un jour écrire. C’est un livre qui naît d’un choc, d’un arrêt brutal dans une existence qui filait trop vite. Le 21 août 2021, un diagnostic est tombé : j’avais un cancer. En quelques secondes, ma vie s’est divisée en deux — avant et après. Et dans ce moment suspendu, j’ai compris que certaines vérités doivent être racontées, même si elles font peur.
J’ai longtemps hésité avant de mettre cette histoire sur papier. Parce qu’elle expose mes fragilités, mes contradictions, mes excès, mes démons. Parce qu’elle oblige à retourner dans un endroit intérieur où personne n’aime aller. Mais c’est précisément pour ça que Résilience existe : pour dire ce que trop d’hommes taisent. Pour parler de la peur du diagnostic, du choc, de l’incompréhension, des nuits sans sommeil que seul le mot “cancer” peut provoquer.
Ce livre raconte mon parcours, mais il dépasse largement ma propre expérience. Il parle du jeune homme qui se sauvait dans les bars et la musique pour oublier une vie qu’il ne trouvait pas assez vibrante. De celui qui ignorait les signes, repoussait les rendez-vous, se croyait invincible. Et il parle surtout de l’homme qui, un jour, a dû arrêter de fuir et faire face à la réalité avec courage.
Résilience n’est pas seulement un récit de maladie : c’est un récit de transformation. Le cancer a été une épreuve, mais aussi un avertissement, un miroir, un réveil. Il m’a obligé à réévaluer mes priorités, à regarder mes forces et mes faiblesses en face, et à reconstruire ma vie avec une authenticité que je n’avais jamais osé toucher.

Si j’ai écrit ce livre, c’est aussi parce que trop d’hommes négligent la prévention et le dépistage. Parce qu’un simple examen peut sauver une vie. Parce que j’aurais aimé que quelqu’un me secoue avant. Parce que je veux que mon histoire devienne un outil concret, une prise de conscience, un rappel que le cancer ne frappe pas seulement “les autres”.
Aujourd’hui, Résilience est plus qu’un témoignage : c’est une invitation à agir. À s’écouter. À se faire dépister. À prendre au sérieux ce corps qui nous porte. À ne pas attendre que la vie nous force à changer.
Ce livre est mon histoire — mais il appartient aussi à ceux qui se battent, à ceux qui ont peur d’un examen, à ceux qui doutent. Résilience, c’est le message que j’aurais voulu entendre avant qu’il soit trop tard.
6 décembre 2021 : Jour #1 de ma rémission de mon cancer. Une photo avec mon équipe d'ange-gardiens en oncologie de l'Hôpital Ste-Croix de Drummondville (Pascale, Sylvain et Édith).