Tout a commencé en 1992, à l’Autodrome Granby, lorsque mon père m’a amené pour la première fois aux courses. Et ce soir-là, je n’étais pas simplement dans les estrades. J’étais au cœur de l’action.
Je me souviens encore de l’odeur, du bruit, des vibrations des voitures qui passaient tout près de nous. Ce n’était pas juste un spectacle… c’était une expérience qui m’a frappé profondément, jusque dans le fond de moi-même. Cette intensité-là m’a marqué instantanément. J’ai eu la piqûre. J’ai été happé par cette adrénaline, par cet univers mécanique, par cette énergie unique qui ne s’explique pas — et qui est rapidement devenue une véritable obsession en grandissant.
À partir de ce moment, tout tournait autour des courses. J’en regardais le plus possible à la télévision — NASCAR, les différentes séries, les émissions à RDS — et je m’imaginais un jour être de l’autre côté. Je rêvais d’être celui qu’on présente, celui dont on parle, celui dont on prononce le nom pour ses performances sur la piste.
Avant même de devenir pilote, j’ai appris le sport de l’intérieur. En 1998, j’ai intégré l’équipe de Robin David #33 comme mécanicien. Ce fut une école exceptionnelle. Ce n’était pas une équipe avec de gros moyens, mais c’était une équipe de cœur. J’y ai appris à travailler avec peu, à me débrouiller, à faire du neuf avec du vieux. J’y ai surtout appris à comprendre une voiture de course dans ses moindres détails.
Quand j’ai finalement pris le volant en 2002, je n’arrivais pas là par hasard. J’arrivais avec des années d’apprentissage, de passion et d’observation derrière moi. Je savais que je n’avais pas les ressources des grandes équipes, mais j’avais quelque chose d’essentiel : la débrouillardise, la persévérance et une compréhension réelle du sport.
De 2002 à 2022, j’ai eu la chance de vivre 20 années de course, au volant de plusieurs types de voitures différentes, chacune avec ses particularités, ses défis et ses apprentissages. Même si je n’ai pas réussi à aller chercher de victoires ni de podiums, cette expérience m’a apporté quelque chose de tout aussi précieux : une compréhension réelle et approfondie du sport. J’ai appris à ressentir une voiture, à comprendre ses réactions, à faire des ajustements, à corriger ce qui ne fonctionne pas pour aller plus vite. J’ai vécu les départs, la pression, la stratégie, la réglementation — tout ce qui fait la réalité d’un pilote.
Mais au-delà de la piste, j’ai surtout eu le privilège de vivre ces 20 années aux côtés du meilleur des coéquipiers : mon père. Présent à chaque course, dans les bons comme dans les moins bons moments, il a toujours été là — pour m’encourager, pour réparer quand ça brisait, pour construire les voitures durant l’hiver. Il a été un allié précieux, un pilier, et une partie essentielle de cette aventure. Je me considère profondément privilégié d’avoir vécu tout ça avec lui.
Ce bagage, je l’ai construit sur le terrain, et il me sert aujourd’hui directement dans mon rôle d’analyste et de descripteur, où je peux transmettre cette compréhension avec authenticité.